J'aime bien me réveiller très tôt le matin. Je me souviens d'un matin frisquet où j'avais regardé par la fenêtre de ma chambre . Je m'étais regardée dans la glace de la salle de bain, m'étais brossée les cheveux,lavée le visage et brossée les dents. J'avais longé les murs du couloir en passant ma main sur la peinture et les papiers peints. La maison était calme.Papa et Emèle reposaient dans leur chambre.
J'étais descendue à la cuisine prendre une tasse de café et enfiler la veste de papa, qui trainait sur le dossier d'une chaise, avant d'ouvrir la baie vitrée, et me glisser dans le jardin. On était en automne, et l'air frais m'embrassait la joue.
De mon jardin,on voit une toute petite partie de la rue. Un garçon qui passait en bicyclette me siffla . Je l'adressai un léger sourire, avant qu'il ne disparaisse derrière les arbres et feuillages.
Je m'étais ensuite avancée à la piscine, m'étais assise sur une des largeurs . J'enlevai mes chaussons et y trempa mes pieds. L'eau glacée me surpris et me donna quelques frissons. Je regardai en face de moi, par dessus le tout petit portillon qui séparait le jardin du pré. Celui-ci était d'un jaune blé , embelli d'un tapis de feuilles oranges,rouges et marrons. Cela ne faisait que resplendir la robe noire de jais de mon grand étalon, qui soufflait sur les petits tas de feuille, à la recherche de quelques brindilles encore vertes .
J'adore rester là, à ne penser à rien, ou à philosopher. Poser des questions idiotes et regarder la nature, paisiblement.
Mes mains, glacées, allèrent se réchauffer dans les poches de la grande veste et l'une d'elle en extirpa une boîte de cigarettes. J'en pris une et l'alluma avec le briquet qui était aussi au fond. Mais quand je le remis , mes doigts frôlèrent un petit morceau de papier. Traçant un cercle de fumée, je le déplia et y lu " Andrew Pete "avec son adresse écrite avec de l'encre bleue. L'écriture était penchée , les lettres maladroitement tracées. Ce n'était décidément ni celle de papa, ni celle d'Emèle.
Je décidai de le re-enrouler et de le fourrer dans la veste.
Ce que je ne savais pas, à ce moment là, c'est que , ce malheureux petit papier, détenait un secret, et que moi, j'y était délibérément liée...
Je m'étais levée et me dirigeai vers Emperor. Mes pieds nus faisaient craquer les feuilles. Je tendu ma main vers son large chanfrein mais il préféra m'humecter la paume de la main avec ses grosses et douces lèvres roses, souffler dans mon cou. Je fermai les yeux et plongea en arrière.
La veille,au soir, j'avais sauté de mon balcon, escaladé le mur, sauté le portillon et atterri dans les bras de Vence,qui était suivi de Stan , Donowan et Morgane qui avaient applaudis mon saut périlleux. Après les avoir embrassé un par un sur leurs joues roses et froides, nous nous dirigeâmes vers le petit bois , et nous nous installâmes dans la petite cabane abandonnée. Je n'y étais jamais allée,contrairement à tous les autres. Morgane poussa la petite porte de bois, qui grinça, et nous y entrâmes.Des feuilles mortes jonchaient le sol. Il n'y avait rien,dans cette petite pièce. Nous nous sommes assis les uns à côté des autres,à même le sol. Il faisait très froid. Stan,après avoir fait passer le joint de cannabis à son jumeau , me le tendit . J'aspirai lentement,toussai légèrement et repris,avant de le refaire tourner.
En quelques minutes,nous étions tous dans une torpeur effroyable. Nos yeux , à moitié fermés étaient injectés de sang, nos pupilles se dilataient. A un certain moment, Morgane eu un petit rire , ce qui entraina tout le monde. On frappait nos têtes, rigolait pour rien, bredouillait . Je me souviens avoir eu des flashes, des trous noirs, des vides blancs. J'avais embrassé comme jamais j'avais embrassé et rigoler comme longtemps je ne l'avais plus fait.
Les bouteilles aussi avaient tournés entre nous.
On rentra avant que le soleil ne se lève. Nous ne savions plus marcher, avons réveiller des voisins avec nos rires, envoyer des jurons aux voitures qui roulaient trop vite et qui manquaient de nous renverser. Je me souviens avoir pratiquement fait l'amour à Morgane contre la clôture de sa maison.Ensuite, je suis allée chez Eve-Ad' .Je ne me souviens par ailleurs pas comment je suis arrivée chez moi.
Un bruit me fit sortir de mes pensées. Je secouai furtivement la tête, laissai galoper Emperor avant de me retourner vers Emèle, elle aussi, cigarette en main .
<< Tu es matinale dit donc...
-Je réfléchissai...
-A quoi ? >>
Je n'avais pas répondu . Il y a des jours, comme ça, où l'envie de parler n'y ai pas. Je composai le numéro de téléphone de Lucas.
<< Quoi au programme aujourd'hui ?
- Tu veux venir chez moi?
-Pourquoi faire ?
-J'ai envie de toi...
-Moi non...
-Et si on allait à la plage ?
-Il fait trop froid et il pleut...
-Tu veux faire quoi alors ?
-Aller sous la pluie...>>
VOUS VOULEZ LA SUITE, MOI JE VEUX DES VISITES =)